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Un grand jour pour Yvon7MAMANElle a maintenant 86 ans. Dans une petite chambre pour personnes âgées «semi-autonomes» qui ressemble plus à une cellule de prison qu’à autre chose, elle me regarde l’air égaré, anxieuse. Elle me demande : «Ch’tu chez nous?» Alors que je m’apprête à quitter la chambre, je me retourne, les yeux pleins d’eau, et lui réponds : «Oui, maman». J’ai le cœur brisé par le sort réservé à nos vieux au Québec. Mon petit frère voit notre mère régulièrement et s’en occupe. Je comprends maintenant la peine qu’il éprouve, même s’il la garde pour lui. Je n’ai jamais vraiment demandé d’aide à mes onze frères et sœurs, car je ne voulais pas casser leurs petits bonheurs. Chacun a son «Itinéraire» et va chercher l’aide dont il a besoin. Jeunes, nous étions très pauvres. Ma mère et ses enfants ont trimé dur pour faire leur chemin. Sans mari pour l’épauler (mon père est mort à 49 ans d’un cancer du poumon), elle «partira à la guerre» toute seule. La débrouillardise que nous, ses enfants, possédons aujourd’hui, nous la lui devons. Tous ont réussi à se tailler une place dans la société et j’en suis très fier. Il ne manquait que moi. Je fais à nouveau partie de la gang et je le dois à chaque membre de ma famille, à ma mère avant tout, car chacun a pris bien soin de moi pendant ma jeunesse.
Écrit le 1er mai 2010 4 |
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